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En route pour le 17 Octobre 2010…
Face aux commentaires désolants qui me sont parvenus sur la Journée 2009 du Refus de la Misère, et suite aux critiques portant sur des témoignages de précaires (réveillés à 5h du mat par les karchers de la mairie, permettez…) jugés trop « agressifs » voire « grossiers » pour certains (qui ne vivent pas la misère au quotidien mais la pense de loin), enfin face aux suggestions de « pauses café » et autres actions commémoratives symboliques en lieu et place de la libre expression des plus démunis, je vous propose quelques idées pour le 17 octobre 2010, liées à votre désengagement décomplexé, à votre absence de scrupules, et à votre refus outrancier d’analyse et de réflexion…
Quelques idées pour le 17 Octobre 2010 :
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Des Ateliers « Dignité » : Pouponnières de clochards : Coiffure et habillage… (Déjà en œuvre dans certaines associations « d’insertion » de notre département !…)
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Des loteries et autres concours type « Misère Academy » (avec l’accent British pour faire style…)
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Pour information, voici simplement où conduit notre société de consommation (modèle), là où la banalisation et la servitude nous entraine au lieu de nous interroger sur le sens :
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Tirage au sort de chômeurs malades aux Etats Unis pour gagner… Le droit de se soigner !
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Election de « Miss S.D.F. » en Belgique :
- Lynchages de S.D.F. dans le Var (par la police municipale…) :
Dérives liées à la banalisation de la bêtise
De même, afin de rameuter plus de monde et d’assurer une satisfaction générale, nous pourrions également organiser des marchés aux esclaves et des lapidations en publics pour punir les « mauvais » pauvres qui oseraient se plaindre de leur condition, tant enviable au sein de notre si beau pays, patrie des Droits de l’Homme…
Pour information, notez qu’en Espagne, le 17 Octobre 2009 a connu un succès franc et massif, pour une question de thématique « évoluée » :
Nous pourrions également changer de vocabulaire pour nous mettre à la mode en suivant la « décomplex-attitude » de nos élus et de leurs éxécutants ou autres techniciens locaux :
« Eradiquer », « Stériliser »… »Ces Gens-là »… « Les ramener ou les remettre au travail »… « Remettre sur les rails… » (Des cadavres pour les écraser).
De telles initiatives mériteraient bien la légion d’honneur ou la croix du mérite…
Voilà qui nous promet un beau 17 octobre 2010 :
Pour mémoire :
« Les pauvres ne sont pas des « gens » à problèmes… C’est la misère qui est un scandale ! » (Joseph Wresinski)
à ce sujet (pour mémoire des fondements du 17 Octobre), je vous invite fortement à visiter le Blog de Marie-Hélène Dacos-Burgues (volontaire d’ATD Quart Monde) :
Lutter contre la misère c’est résister à l’injustice, à la banalisation, aux dénis des droits…
http://www.dailymotion.com/videoxb0z4h
Ce n’est pas se comporter à l’égard des démunis comme notre Président à l’égard des valeurs de la Résistance, valeurs qui ont amenées les Droits de l’Homme et la plupart des avancées socioculturelles de notre pays (des avancées qui sont aujourd’hui en cours de démantélement !…) :
http://www.dailymotion.com/videoxb0sc5
Bonne continuation donc aux « professionnels » de la « générosité »…
Enfin, pensez aussi aux cadeaux de Noël pour les pauvres de votre quartier :
Le coordinateur…
(Bientôt au chômage & sans médaille en chocolat)
…
1er Novembre… Bonne fête de la Toussaint !
(Pour la Liberté, l’Egalité & la Fraternité… Sans oublier la Solidarité !…)
Réagir ou Laisser faire ?
Comment peut on lutter contre la misère tout en acceptant de contribuer à une société injuste ?
Par définition :
Société de Consommation :
Société d’un pays industriel avancé où l’économie, pour fonctionner, s’efforce de créer sans cesse de nouveaux besoins, et où les jouissances de la consommation sont érigées en impératifs au détriment de toutes exigences humaines d’un autre ordre.
(Le Petit Larousse)
De quoi parlons nous ?
D’émancipation ?
De Culture ?
De Civilisation ?
De modèle ?
Quelle vie voulons-nous ?
Quel monde voulons-nous ?
Nous sommes tous responsables de ce choix…
La misère est liée au sens que l’on donne au développement humain. Elle n’est pas conjoncturelle mais structurelle : c’est une question de choix de société et de choix politique. Et nous sommes tous responsables de ces choix. Le sens profond du développement humain c’est de placer l’être humain au centre des projets communs. Or, aujourd’hui, ce qui est au cœur de toutes les activités humaines c’est l’économie. Comment peut-on lutter contre la misère tout en œuvrant pour un système qui broie des vies et s’appuie sur les inégalités qu’il génère pour réaliser des profits ?
L’Organisation Mondiale du Commerce a acté sur son traité de fondation la déclaration suivante : « Désormais, espèces vivantes et activités humaines, comme la santé, l’éducation, l’agriculture, les services, la propriété intellectuelle, l’investissement ou encore la recherche sont des objets de commerce. » [O.M.C. / Traité de Marrakech / 1994]
Tous les domaines d’activités humaines sont donc soumis à des critères de rentabilité économique, notre culture au même titre que notre protection sociale, chèrement acquise, au nom du développement humain justement… Et de la libération du nazisme… Aujourd’hui ce sont les Droits de l’Homme eux-mêmes que l’on tente d’assujettir à des exigences de rentabilité économique : on entretient ainsi le développement des inégalités et donc de la misère.
Nous assistons à la dépréciation des valeurs fondamentales de l’Humanité telle que la solidarité, la liberté, l’égalité, la fraternité et à leur remplacement par des visées immédiates, intitulées : « efficacité », « malléabilité », « rentabilité »…
Les valeurs fondamentales de l’humanité sont raillées ou traitées d’archaïsme. (Que dire du Serment d’Hippocrate face aux nombre croissant des médecins refusant la C.M.U. ?)
L’individualisme décomplexé et le chacun pour soi exacerbé libèrent en quelque sorte notre médiocrité profonde, tout en banalisant la discrimination, la ségrégation, l’injustice sociale… Nous en sommes tous responsables, même passivement, par le simple fait de consentir à ce mode de fonctionnement.
Nous assistons et contribuons à une acculturation aux seules valeurs économiques, au niveau mondial, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des pays riches.
Ainsi disparait, par delà la diversité essentielle au développement culturel, la possibilité de se distancier par rapport au présent, la possibilité de comprendre, d’analyser…
Cette destruction du savoir n’est pas seulement un dégât collatéral du libéralisme. Elle est partie prenante de l’établissement d’un nouvel ordre politique et humain. Un ordre politique qui ressemble à celui contre lequel les Droits de l’Homme ont justement été établis : un ordre politico-économique qui dégrade et asservit des populations.
Au final, la question qui est posée est celle de la place des pauvres dans notre société (et à travers elle celle de la justice, de l’égalité, des Droits fondamentaux…) : Ils deviennent marchandises et matières premières pour nantis, voués à des emplois de services dont la rémunération garantit la précarité et l’impossibilité de trouver un logement décent. Les pauvres se retrouvent donc assignés à la domestication et à des territoires d’exclusion : boniches, valets de chambre, jardiniers et parking sociaux, foyers d’hébergements d’urgence… L’espace urbain se trouve ainsi marqué socialement : Au nom et au gré de la mobilité et de la latitude des nantis, de ceux qui « peuvent » choisir… C’est donc l’avènement d’une société à deux vitesses. La ségrégation est en œuvre dans tous les domaines : tant au niveau du logement qu’au niveau de la santé, de la culture, du travail… La Loi S.R.U. n’est pas appliquée… Les violences au travail s’accroissent avec la précarisation générale de l’emploi… Un quart des médecins refusent de recevoir des patients démunis couverts par la C.M.U.
Quel est le sens de notre société ? Plus personne ne l’interroge…
De même, les relations en matière de soins ont été inversées :
Ceux qui ont le plus de moyens – dont les besoins en soins de santé sont souvent inférieurs – consomment le plus de soins, alors que ceux qui ont le moins de moyens – et les plus grands problèmes de santé – en consomment le moins.
Les dépenses publiques consacrées aux services de santé profitent davantage aux riches qu’aux pauvres, que ce soit dans les pays à revenu élevé ou dans ceux dont le revenu est faible. [Rapport O.M.S. 2008]
Aujourd’hui, en 2009, dans le Var, plus de 120 000 personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, près de 160 000 ménages ont un revenu inférieur à 60% du plafond H.L.M., or le taux de logement social a encore diminué pour passer à 8,4% (au lieu des 20% prévus par la Loi)… C’est une question de volonté politique (la Loi S.R.U. n’est pas appliquée) mais aussi de dépréciation morale… Et de dénis des droits fondamentaux.
Rappelons que Tout individu a droit à un logement, en tant que Citoyen, et non pas en tant que « demandeur social » !… Ainsi, dans notre département, la ségrégation va de pair en intensité avec la discrimination, la stigmatisation… Plus personne ne s’en offusque, puisqu’elles sont elles-mêmes conséquentes de l’acculturation en cours… L’éducation étant elle-même assujettie à des critères de rentabilité économique, la bêtise et l’ignorance se renforcent avec l’individualisme, le chacun pour soi, la servitude « volontaire » étant quant à elle considérée comme le nouvel apanage de la « dignité »…
Au niveau de l’emploi, la précarisation généralisée des emplois engendre une pression énorme sur les lieux de travail, et ces formes de violence sont de plus en plus fréquentes. [B.I.T. : Bureau International du Travail / Rapport 2006] La misère n’est pas conjoncturelle, elle est structurelle. Les dérives de notre société sont entretenues par une propagande politique qui génère de la peur et de la désinformation. Mais c’est de notre conscience qu’il s’agit et de notre libre arbitre : nous sommes tous responsables et complices de la situation actuelle. Consentir, même passivement, à la ségrégation en cours et un acte politique : nous sommes donc tous responsables et complices de ces dérives, ne serait-ce qu’en les passant sous silence, au nom du confort, de la sécurité, du chacun pour soi.
Nous devons cesser de nous voiler la face. Nous devons faire face à un choix : Soit cesser de se comporter comme des moutons (qui choisissent simplement le boucher qui les conduira à l’abattoir…) / Soit sombrer dans l’odieux en organisant des enlèvements d’enfants noirs pour leur offrir des supermarchés, ou en rétablissant l’esclavage… Aujourd’hui, la misère ne se combat plus, elle est devenue un marché économique. Les épiceries « solidaires » pour pauvres fleurissent comme sur des tombes un jour de 1er Novembre… La solidarité étant gérée par des épiciers et des comptables, la misère est entretenue, maintenue, exploitée… Les associations « d’aides sociales » doivent se gérer et se gèrent comme des entreprises… Pour se maintenir, et garantir leurs emplois, elles doivent dégager des bénéfices, sur le dos de ceux qu’elles sont sensés « aider » ! La belle affaire… Les termes employés au sein des organismes d’Etat à l’égard des éremistes sont du type « éradication » ou « stérilisation », les conseillers généraux les appréhendent en termes de budget, les »bien pensant » en termes de déchets…Il n’y a plus d’empathie ni de convictions, plus de reflexion, plus d’assistants mais des exécutants, plus d’assistance au vrai sens du terme, plus de secours, seulement de l’exploitation et du commerce. Il n’y a même plus de honte…
Assez d’hypocrisie !
La devise de notre République n’est qu’un étalage de principes inappliqués, qu’attendons-nous pour la changer ? Répondons par là-même, avec la même « décomplexion », à la question de notre identité française !…
Bonne fête des morts à toutes & tous.
Cyril Cossu
(Coordinateur du Comité du 17 Octobre)

Septembre 2009… Reprenons les cours élémentaires :
Le développement humain, qu’est-ce que ça veut dire ?
Le sens profond du développement humain est de mettre les personnes au centre du développement.
Cela signifie que les êtres humains réalisent leur potentiel, élargissent leurs choix et profitent de leur liberté pour mener les vies auxquelles ils tiennent.
Programme des Nations Unies pour le Développement (2009)
Répartition mondiale des bénéfices de la croissance :
Les 2 % les plus riches de la population adulte du monde possèdent aujourd’hui plus de la moitié de la richesse des ménages du monde alors que les 50% les plus pauvres n’en possèdent qu’à peine 1%…
Rapport mondial sur le développement humain (P.N.U.D. 2005).
Les choix fondamentaux : Un choix de société… Les inégalités extrêmes entre les pays et au sein même des pays apparaissent comme l’un des principaux obstacles au développement humain. Les gouvernements du monde entier sont confrontés à un choix. Ils peuvent entamer une décennie consacrée au développement avec les ressources financières, les technologies et les capacités nécessaires pour en finir avec la pauvreté ou nous pouvons assister à l’échec du développement humain. La « façon de faire habituelle » ne permettra pas de tenir les promesses et les engagements. Le coût de cet échec se traduira dans les vies humaines, par l’accroissement des inégalités, des violations des droits de l’homme et des menaces pour la paix. Dépenses annuelles dans les pays riches :
Cosmétiques (USA) : 9 Milliards ($)
Parfums (Europe & USA) : 13 Milliards ($)
Sommes nécessaires par an pour l’accès de tous à :
Enseignement (Monde) : 7 Milliards ($)
Santé et Nutrition (Monde) : 14 Milliards ($)
[Rapport P.N.U.D. 2006] Une relation inversée en matière de soins : Ceux qui ont le plus de moyens – dont les besoins en soins de santé sont souvent inférieurs – consomment le plus de soins, alors que ceux qui ont le moins de moyens et les plus grands problèmes de santé en consomment le moins.
Les dépenses publiques consacrées aux services de santé profitent davantage aux riches qu’aux pauvres, que ce soit dans les pays à revenu élevé ou dans ceux dont le revenu est faible.
[Rapport de l'O.M.S. 2008]
Aujourd’hui, les fossés en matière de résultats sanitaires, aussi bien à l’intérieur des pays qu’entre les pays, sont plus importants que jamais. L’écart en matière d’espérance de vie entre les pays les plus riches et les plus pauvres dépasse 40 ans. L’OMS estime que chaque année plus de 100 millions de personnes supplémentaires se retrouvent en dessous du seuil de pauvreté. Le constat est amer si l’on considère que la communauté du développement s’est au contraire engagée à réduire la pauvreté. Les objectifs du Millénaire pour le développement se fondent sur la justice sociale et l’équité, notamment en ce qui concerne l’accès à des soins permettant de sauver des vies et de promouvoir la santé. Les gouvernements, les responsables politiques et la communauté internationale ne sont pas seulement redevables de leurs promesses et de leurs engagements, mais ils doivent aussi tenir compte des faits. [Rapport O.M.S. 2009]
Ainsi, je recopie la page et j’évite de dire des bétises…
En tenant compte des faits !
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Mai 2009… Déni + Ignorance = Incompétence…
Comment analyser le conditionnement en 12 pages :
Au fait, nier les Droits des plus démunis ça s’appelle comment ?
(R)Appel du Conseil National de la Résistance :
Bonne continuation à toutes & tous au Pays du Fromage et des C…….
Avril 2009… Comme les bonnes résolutions s’étompent aussi vite qu’elles avaient pu (ré)apparaître… Un petit devoir de mémoire et de conscience pour tous ceux qui estiment « faire le bien » autour d’eux (et pour tous les autres, simples commerçants socioculturels…) :
Le message oublié de l’Abbé Pierre (2007)
Bonne continuation à tous les visiteurs…
Le Coordinateur.
Septembre 2008. (Message du coordinateur / Annexe au compte rendu de la réunion du 09 Septembre 2008…)
« Penser moins & consommer plus« (c’est le titre)
J’assiste depuis le début du mois à un spectacle digne de figurer à notre prochain carnaval annuel.
Dans le même temps, la précarité de mon emploi devrait me suggérer le silence afin de ne déranger personne.
Quid alors des objectifs du 17 Octobre ?
Ce n’est pas sans raison que le Comité n’obtient pas de subventions…
Et pour cause : Inciter les exclus à prendre la parole, voire même le simple fait d’être à leur écoute est déjà considéré comme un acte subversif ou de dissidence… Ah! si seulement ces derniers en venaient par miracle à se féliciter de la politique menée à leur encontre, « pour leur bien » et celui de notre humanité… Nous devrions alors changer de travail !
Ainsi concernant les formules stéréotypées, à toutes épreuves, qui peuvent m’être servies ici et là, au sein d’associations dépendantes des financements publics, « revendiquant » « être dans le soutien et pas dans l’action », « ne pas faire de politique », etc., ou encore prétextant « l’utopie » à toute occasion de débattre sur les fondements mêmes de nos engagements, je voudrais juste rappeler [en tant qu’ « ancien S.D.F. » (toujours hébergé du reste…), «parasite », « faignant » et consort…] que seule la politique au sens non partisan du terme peut permettre à notre société de réduire la pauvreté et l’exclusion.
Sinon on ne fait que s’appuyer sur l’exclusion pour entretenir une assistance relative…
Concernant « l’utopie », il est vrai qu’aucune solution face à la souffrance sociale générée par notre société de consommation libérale ne semble envisageable, puisque nous en sommes, pour la plupart, partie prenante !…
Néanmoins, la fonction de l’utopie n’est pas de nourrir notre rêve pour nous évader de la réalité mais d’orienter notre action pour corriger cette réalité… Or, nous consentons tous à mener l’action « politiquement correcte » qui nous est dictée : celle de nous familiariser à la précarité et à l’injustice sociale!…
Pour nous protéger de ces prétendues « fatalités », certains en viennent à dissocier malheur et injustice pour mieux rejeter la souffrance d’autrui. Ces comportements « normaux » ont pour effet, à plus ou moins long terme, de nous désensibiliser, pour « le bien de l’humanité » ! Miracle ! : Nous parvenons ainsi à rendre acceptable l’inadmissible et à en repousser continuellement les limites !…
Notre consentement à la précarisation, même passif, est déjà en soi une « action » politique.
Face à la peur, l’individualisme se renforce et avec lui la tolérance au mensonge, le concours à sa production et à sa diffusion (pour sauvegarder nos emplois salariés ? Obtenir de plus larges subventions ?…), mais aussi la culture du mépris à l’égard des exclus…
Une culture que l’on pourra arroser aux cours de repas défrayables, où l’on réaffirmera avec un entrain « viril » la prétendue nécessité « d’indispensables sacrifices à consentir pour sauver le pays du naufrage économique » (pour la plus grande satisfaction des patrons du CAC40 !)…
Alors quel avenir pour le Comité du 17 Octobre?
Travailler en contrat aidé ne me permet pas d’avoir accès à un logement dans la ville où je suis né…
Mais cela me permet (grâce aux engagements du Comité…) de m’investir dans mes convictions.
Cela me permet de donner un sens au Travail, là où l’élémentaire est devenu un luxe…
Cela me permet d’éviter, n’en déplaise aux auxiliaires professionnels de l’Etat, le harcèlement des structures « d’insertion », uniquement promptes à me « tendre la main » pour m’envoyer faire des ménages 2heures par semaine afin de « prouver ma bonne volonté » à remplir leurs statistiques… De quelle insertion parlons-nous ?…
Simplement d’une intégration obligatoire à un réservoir de main d’œuvre et de services bon marchés pour nantis & privilégiés. La misère n’est pas conjoncturelle, elle est structurelle.
Bientôt, le R.S.A. permettra de « mettre tous les clochards au travail » tout en restant clochards… Et de banaliser encore plus la précarité… Ceux qui refuseront de se soumettre, ceux qui refuseront de travailler pour rien, pourront se faire lyncher au milieu des poubelles de notre société de consommation.
S’insérer, en tant qu’exclu (ou fils de rien), à proprement parler, ne se résume plus qu’à accepter la précarité et la soumission constante… Beau travail de gestion socioculturelle & économique !…
Notre problème c’est la soumission, la banalisation, tant que nous n’en sortirons pas, nous pourrons répéter la journée mondiale de la misère indéfiniment. Est-ce notre objectif ? Faire une commémoration une fois l’an ? Pour nous rappeler l’Humanité ? Nous sommes tous concernés par le déni et l’individualisme : « Il faut bien vivre », soit disant !… (Et on est tous le pauvre de quelqu’un…)
Bref, tout ceci pour dire : si je peux entendre (avec effroi) que certaines associations financées par les pouvoirs publics ne veuillent pas signer la pétition, une pétition qui pourtant ne fait que rappeler les fondements élémentaire de notre république, je ne peux m’empécher de penser à tous ceux que j’ai pu voir crever dans l’indifférence, au nom de ce même comportement ordinaire.
Aussi je me demande si nous pouvons encore oeuvrer avec des exécutants ou des gestionnaires qui n’ont aucuns scrupules à nier leurs vocations premières, au nom de l’individualisme et du politiquement correct, c’est aux exclus et aux plus démunis que nous devrions nous adresser directement…
Mais force est de constater que bon nombre d’entre eux se replient également devant la peur de perdre le peu de droits qui leur reste…
Peut-être devrions nous mettre en place des formations spéciales« Journée mondiale du refus de la misère »… Avec pour thématiques : « La misère, qu’est ce que c’est ? », »Pourquoi refuser la misère si ça ne nous rapporte rien ? », « Pourquoi faudrait-il écouter les pauvres alors qu’on est pas payé pour ? », « Pourquoi la misère c’est pas beau et c’est pas bien ? », « Pourquoi devrait-on s’empécher d’humilier les plus faibles », « A quoi ça sert l’intégrité ? », « Faut-il dire bonjour aux clochards ? », « Pourquoi faudrait-il donner la parole à ceux qui n’ont qu’à se taire et obéir ? »… Exprimez vos ideés !!!…
Laissez donc vos remarques et commentaires, on essaiera de monter une pièce de théâtre avec !…

17 Octobre, refus de la misère : notes pour les « réticents » ordinaires…
Extrait de la Revue IOTA, numéro 115, du 27 octobre 2008.
Devant certaines réticences par rapport à la Journée mondiale du refus de la misère et à son implication politique, voici un texte d’Alain Durant* dans son ouvrage « La cause des Pauvres » page 83 : « La relation aux pauvres revêt aujourd’hui une double dimension :
- l’une immédiate, directe, face à face : c’est ce que Paul Ricoeur appelle la dimension courte. Relation d’aide, de secours d’urgence, relation qui peut permettre de trouver des solutions individuelles, de réparer éventuellement le mal, mais non d’atteindre sa cause.
- L’autre indirecte, qui passe par la médiation institutionnelle, qui vise à atteindre et à modifier les processus socio-économiques et culturels qui engendrent les situations de pauvreté : c’est la dimension longue. Elle est « politique ». Elle vise une efficacité collective et non plus individuelle. Elle agit sur les causes. Cette relation est historiquement beaucoup plus neuve et elle n’est pas encore vraiment assimilée en milieu chrétien. (nous sommes spontanément beaucoup plus portés vers la relation courte que vers la relation longue. Aujourd’hui, une relation authentique aux pauvres ne peut pas être le choix de l’une de ces dimensions sans aucune référence à l’autre. Il ne s’agit pas que chacun suive également ces deux chemins : chaque personne ou groupe ne peut pas tout choisir et tout faire. Mais il est aussi dangereux de toujours pratiquer la relation courte sans jamais aller jusqu’à la découverte des causes collectives de la pauvreté et à l’action sur elles, que de se consacrer à la relation longue sans avoir aucune relation immédiate avec les pauvres. »
Pour dissiper tout malentendu sur le terme « politique » : rappelons que celui- ci recouvre deux dimensions qu’il convient de ne pas confondre, même si étant liées elles entretiennent souvent la confusion : -- La première est celle du projet de vie en société, de la recherche du bien commun et de la lutte contre toutes les formes d’injustice génératrices de pauvreté. - La seconde est la mise en oeuvre d’une stratégie pour la conquête du pouvoir. Elle est propre à la vie des partis politiques. En relisant le contenu de la lettre adressée par le comité du 17 octobre aux élus du département et de la région, je retrouve tout le sens de la première dimension et j’y souscris pleinement, même si les termes ne font pas dans la dentelle ! En revanche, je défis quiconque de retrouver dans le texte la moindre allusion à une recherche d’une nouvelle organisation du pouvoir. De plus, j’ajouterai que le SILENCE est toujours un acte politique puisqu’il est consentement tacite à l’ordre ou au désordre établi.
Jean- Yves Règne,
Membre de l’UDV.
* Dominicain, directeur de Foi et Lumière.

Faire de l’élémentaire un acte de résistance (c’est le titre…)
Annexe au compte rendu de la réunion du 24 Avril 2008.
(De Cyril, votre coordinateur précaire…) Nous battons aujourd’hui un triste record d’affluence au sein des réunions du Comité. Peut-être dû à un ordre du jour rebutant : le travail étant par définition une contrainte… Chacun étant pris par ailleurs, par l’exercice de ses fonctions au sein de sa structure propre… Certes. Néanmoins, je vous invite à relire la Charte et les objectifs élémentaires du Comité censés nous fédérer… Notamment, il me semble que l’objectif n°4 (*) aurait besoin d’être revisité pour analyser l’endormissement général dont nous semblons être tous victimes (mis à part Elisabeth Nadiras et La L.D.H. qui se battent sur tous les fronts, mais cet exemple pourrait ouvrir des contestations d’ordres compétitives…) Certes, chacun d’entre nous est engagé au sein de sa structure propre dans une action définie et louable, mais chacun d’entre nous est confronté à des difficultés criantes, aussi, le Comité, à mon sens, devrait précisément nous permettre d’analyser ces difficultés pour en dégager une meilleure action commune afin justement de ne pas sombrer dans le découragement, la résignation voire la démission ; en d’autres termes : la banalisation de l’injustice sociale, elle-même orchestrée par nos gouvernants…. A moins que l’engagement se soit déjà totalement estompé des consciences, et qu’il ne s’agisse plus que de faire sa petite cuisine chacun de son côté en prévalant sa petite sécurité personnelle (précaire…). Dans ce cas, le Comité n’aurait alors plus lieu d’être (d’autant qu’il ne rapporte pas de subventions conséquentes !…). S’agit-il de « faire de l’humanitaire » que d’être solidaire et de s’engager consciencieusement autour de valeurs et d’une éthique ? L’évolution de l’humanité c’est faite par l’entraide et non par la compétition, nous rappelait le Musée de l’Homme avant son démantèlement… J’ai entendu récemment (à la dernière journée de rencontre de l’association Cultures du Cœur) des travailleurs sociaux évoquer naïvement (?), en tous les cas ouvertement la nécessité de suivre une formation technique pour « faire de l’accueil » : à savoir dire « bonjour » et respecter leurs « clients » !… De quelle humanité parlons-nous ? Nous devrions rappeler ce qui est élémentaire, rappeler des définitions, en somme « Faire de l’élémentaire »…
… Faire de l’élémentaire est tout bonnement devenu un acte de résistance. …
…
* Objectif 4. Renforcer ensemble cette parole par une analyse globale des mécanismes économiques et sociaux qui empêchent l’accès aux droits fondamentaux.














J’ai transmis le compte rendu de la réunion (avec l’adresse de ce blog) hier soir à mon réseau et il m’est revenu sous prétexte qu’il n’était pas professionnel !
Question…
Le chanteur Maxime Le Forestier a enfoncé le clou ce mardi sur Europe 1: « On peut très bien consommer en payant. Consommer c’est pas forcément voler, c’est pas forcément gratuit, c’est impossible. Il n’y a pas de repas gratuit ! »
Terrible image utilisée ici par un membre imminent de l’équipe des Enfoirés, des Restos du Coeur…
http://www.lepost.fr/article/2009/05/05/1523262_hadopi-maxime-le-forestier-estime-la-position-du-ps-petainiste.html
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Casse toi, pauvre con !
A la queue leu leu, chacun derrière l’autre, humain trop humain, civilisé, poli, mais sale, abîmé par la vie, chaussures troués, sur une affiche est écrit : vous pouvez bénéficier d’un coiffeur, inscrivez vous… cheveux sales et hirsutes, vieux échappant encore pour un temps à la maison des mouroirs, mère seule, yeux mal maquillés, jeune, maigre tenant, juste debout, les yeux ternes, humain étranger mais français, maudissant ses parents d’avoir immigré ici, dans ce pays, qui les a tués.
Ces gens, ils vont au resto du coeur, une fois par semaine, pour bouffer, ces naufragés qui un jour ont coulés, corps et rêves, d’un coup, subitement…. maintenant, ils sont assis sur la plage de bitume tandis que sur les sucettes decaux, dans les rues décorées de guirlandes de noël, des affiches de plage sur papier glacé les font rêver à coup de billet de loto, viens sucer, pauvre con !
Les misérables, ils regardent le soleil, réchauffer les riches tandis qu’eux, ils attendent, rien, plus rien, où quelques pâtes, trois pommes de terre. Le pauvre, il demande quoi ? Il demande juste de vivre décemment ! Il n’ose plus le demander, ça ne se demande pas ça, cela doit être c’est tout.
Ils se foutent des sourires des bénévoles qui n’ont plus le temps de parler. Juste quelques mots, bonjour, merci, au revoir. Un bénévole de temps en temps lâche, ça va, comment ça va ?
Pas de réponses, avez-vous remarquez que les pauvres vous protégent de leurs malheurs ? Des fois, le pauvre, il a juste envie de crier… entendez vous ? C’est assourdissant !
Sinon, les dialogues sont à pousser à la dépression nerveuse le plus talentueux des scénaristes :
N’oubliez pas surtout votre carton à oeuf, et votre sac isotherme, voulez vous du pain ?
Poisson ou viande ? Allez encore quelques boites… vous mangez du porc ? Voulez vous un café ? Il y a des biscuits sur la table. On demande le numéro 27.
Baisse les yeux, accepte les coups violents de ton exclusion, accepte, le don, la solidarité, des autres pauvres, et puis merde, t’avais qu’à bosser ! T’avais qu’à piquer le boulot d’un autre ! T’avais qu’à faire des études ? Ah, t’as bac plus 5 ? En plus, tu as des diplômes ? Désolé, je ne savais pas, pardon !
Les riches, ils ne sont pas là, ils n’existent pas, ils parlent philosophie, ils sont occupés à t’éloigner, pour ne pas partager les richesses de ta mère, la terre.
Ils la baisent, chacun son tour, sans préservatif, d’ailleurs as tu vu leurs gueules de malade boursouflés et boutonneuses, ou par quelques plaies, une puanteur couleur or, coule lentement.
Le peuple, il faut qu’il mange, sinon, c’est comme des bêtes affamées dans la jungle, ils seront prêts à tuer pour dévorer la vie. On évitera ainsi les émeutes… Heureusement qu’il y a les restos du coeur, son hymne national, c’est son insulte, le mot enfoirés, insulte pornographique chantés par des musiciens au frigo bien plein, ils chantent émues, leur bonne conscience.
Son drapeau, c’est un mouchoir avec lequel, se sont torchés le cul, ceux qui t’ont poussés à attendre dans la queue derrière ce vieux, en face de la porte du resto du coeur. On t’a dit que c’était pour un soir, je sais ça fait 20 ans que cela dure, alors bouffe et espère !
Crève, sale pauvre ! Crève et tais toi ! mais si tu as la solution, les chanteurs, ces enfoirés fêteront la dissolution de ce resto de cette puissance mondiale.
Après avoir bouffer, n’oublie surtout pas d’aller voter ! Pauvre con ! Et tu peux toujours lire et écouter les bobards pour te faire croire que c’est la crise, ce mensonge que l’on te balance, depuis 40ans, même ici par internet. Sinon, il te reste 2012 pour te faire encore enculer ! Allez casse toi, pauvre con !
A suivre…
Mohamed
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En fait, vous êtes minoritaires et vous ne le disez pas…
La pluspart des associations censées aider les pauvres ne pensent pas comme vous et elles se maintiennent sur leur dos, en exploitant les inégalités et les injustices.
Les principes ou les théories, tous ces blablas ne suffisent pas.
Tout le monde s’en fout.
Quand on est pauvre, on ne nous respecte pas, on nous traite pire que des chiens.
Vous, vous n’avez pas ce problème là.
Le soir, vous rentrez chez vous, vous avez à manger et un toit, vous êtes bien au chaud.
Il n’y a pas d’URGENCE pour vous…
La misère, vous la regardez de loin.
La misère, tout le monde se sent concerné quand elle est loin, alors on s’indigne et on envoie des sous…
Mais tout le monde ignore en même temps la misère qu’on croise en bas de chez soi…
Cette misère là, on lui crache dessus.
Si quelqu’un crie trop fort, on le tabasse.
Si quelqu’un se révolte de trop souffrir, on l’enferme.
C’est ça la démocratie et « l’identité Française » :
Une majorité de collabos et de faux-culs…
Qui se rejouissent de qu’ils gagnent « en plus » sur le malheur des autres.
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