Mercredi 23 Septembre : Journée Solidaire des Quartiers à Pontcarral…

12 septembre 2009

Mercredi 23 Septembre : 

2ème Journée Solidaire des Quartiers 

Pontcarral, La Marquisanne & L’Escaillon unis contre la misère…  

Afin de lutter contre la banalisation croissante des injustices sociales et des inégalités, le Comité du 17 Octobre (17 Octobre : Journée Mondiale du refus de la Misère) invite tous les habitants de Pontcarral, La Marquisanne et de l’Escaillon à se réunir pour témoigner et participer à une grande journée de partage de solidarité.

Cette journée se déroulera entre le Centre d’Animation de l’Escaillon et le « jardin » de Pontcarral.

Programme :  

Début des activités: 10 h (Installation du matériel avec les enfants du Centre d’Animation de l’Escaillon / Stands d’information et ateliers créatifs / Réalisation d’une grande banderole pour la Journée Mondiale du Refus de la Misère)  

à partir de 14h : Jardin en Friche : Nombreuses activités et stands d’informations tous publics : 

  • A.T.D. Quart Monde : Bibliothèque de rue.

  • Association des Tunisiens de France : Stand d’informations et peinture Africaine.

  • Association La Boîte à Idées : Atelier détente et mouvement.

  • Centre d’Animation de l’Escaillon : Atelier banderole, Ateliers d’animations.

  • C.L.C.V. : Stand d’informations sur le logement et les droits.

  • Coup de Pouce 83 : Buvette & Stand d’informations (regroupant toutes les associations).

  • C.S. Toulon Ouest : Atelier Sportif

  • Ecrit Plume : Atelier d’Ecriture et recueil de témoignages.

  • Energie Slam : Atelier Slam et productions scéniques.

  • Environnement & Partage : Ateliers Découvertes et Sensibilisations à l’environnement. 

  • I.D.E.A.L. : Stand d’activités manuelles

  • Kaïré : Banderole, Atelier d’Expression.

  • L.V.P. Pont du Las : Renfort des ateliers et contacts de rue.

  • Moi, Toi, Nous, Tous Ensemble (La Marquisanne) : Spectacle de Hip Hop sur la scène.
  • Pontcarral Uni : Stand d’information pour les habitants.
  • Secours Catholique : Atelier d’Arts Plastique.

  • Slam Flamboyant : Atelier Slams et productions scéniques.

16h30 : Grand goûter pour les enfants (offert par le Comité du 17 Octobre).  

à partir de 17h : Scène Ouverte (estrade + sono installée au « jardin ») : restitution des ateliers d’écriture, tribune libre (les habitants sont invités à témoigner de tout ce qui leur tient à cœur), productions culturelles des quartiers : Slam, Rap, Hip Hop… 

 à partir de 18h30 : Buffet Solidaire autour de la scène : Tous les habitants sont invités à préparer et à apporter plats et boissons pour les partager ensemble. 

La misère progresse dans notre pays à la mesure que les droits reculent… Aussi, se retrouvent au sein du Comité du 17 Octobre tous ceux qui entendent l’exclusion et les  inégalités sociales non pas en termes de «fatalité» ou de «conjoncture» mais en termes de non respect des Droits de l’Homme…   

Santé ? Logement ? Travail ? Culture ? 

Mobilisons nous pour réclamer le respect & l’accès aux droits de tous. 

Le progrès d’une société se mesure par la solidarité qu’elle génère  & par son souci de ne laisser personne sur le bas côté. 

Refusons ensemble la banalisation des inégalités et de l’injustice sociale.

Contacts : 06.89.45.44.70. (Coordinateur) /  

@ : comite17octobre@yahoo.fr   

Comme une lettre à la poste…

1 juin 2009

Seul France 3 a accordé un sujet (de 10 secondes…) aux détournements de fonds (de subventions) au sein des services de la politique de la ville… (De Marseille ! Ouf !)

Voir Lien :

http://mediterranee.france3.fr/info/54760897-fr.php

 

Article :

29/05/2009 | 10:50 par Marc Civallero : 

Conseil Régional : Sylvie Andrieux, suspendue.

Michel Vauzelle Pdt PS de la région Paca, va gérer personnellement la délégation à la politique de la ville. Au Conseil Régional , la politique de la ville était jusque là confiée à la vice-présidente de la région, la députée PS Sylvie Andrieux. Cette décision, annoncée dans un communiqué, intervient dans le contexte d’une enquête sur des détournements de fonds publics par des associations présumées fictives à Marseille. 

Ces détournements portant sur plusieurs centaines de milliers d’euros ont entraîné la mise en examen jusqu’ici de 14 personnes.Les associations, soupçonnées d’être des « coquilles vides », auraient demandé des subventions et reçu des fonds du Conseil régional, mais aussi du Conseil général des Bouches-du-Rhône, pour un total de l’ordre de 700.000 euros, selon une source judiciaire. Le nom de Mme Andrieux avait été cité par plusieurs organes de presse, en lien avec cette enquête. Selon le président de la région Paca, la décision de suspendre la délégation dont elle avait la charge a été prise pour que « l’enquête concernant un éventuel détournement de subventions au préjudice du Conseil régional se déroule dans des conditions nécessaires au respect des intérêts de la Région et de ses citoyens ». Rappelant qu’il a déposé plainte, M. Vauzelle indique qu’il « attend de la procédure en cours qu’elle apporte, dans les meilleurs délais les éclaircissements indispensables pour que la justice passe et que la Région obtienne réparation du préjudice subi ». Parmi les personnes mises en examen dans le cadre de l’enquête en cours figure un fonctionnaire territorial du Conseil régional, qui a été suspendu. Le Conseil régional avait indiqué avoir saisi le parquet dès novembre 2007 dans cette affaire. AFP 

(Vous l’avez compris : « Chut! C’est un secret !… »)

Au mois de mai, fais ce qu’il te plaît…

26 mai 2009

Et débrouille toi tout seul !!!…

Je vous invite à méditer sur le conditionnement avec le Power Point suivant :

Paradigme.pps

Bonne continuation à toutes & tous au Pays du Fromage et des C…….

Le Coordinateur.

P.S. : Pour accompagner votre digestion, un petit rappel des resistants (ça ne mange pas de pain et ça peut faire du bien) :

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… Et un petit appel à la Résistance (des « Sans Voix ») :

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En route vers le 17 Octobre 2009

25 mai 2009

Journée Mondiale du Refus de la Misère  

Comité du 17 Octobre :

Pour une société qui s’engage vraiment 

Contre la précarité et l’exclusion 

À l’attention de l’ensemble des associations et des organismes locaux engagés contre la précarité et l’exclusion… 

17 Octobre 2009 :

Réagir ou laisser faire ?

 Comme chaque année, le Comité du 17 Octobre souhaiterait mobiliser le plus grand nombre d’entre vous autour de la Journée Mondiale du Refus de la Misère. 

En ces temps de chômage, de précarité et d’exclusion, dans un pays « avancé » tel que le nôtre, ce sont des droits qui sont mis à mal à travers des hommes et des femmes qui souffrent… En effet, les droits de l’Homme ne sont pas uniquement des « droits civils et politiques » (portant sur la liberté par exemple) ; ce sont aussi des « droits économiques et sociaux » (droit à la dignité, droit au travail, droit au logement…). 

Aussi, combattre la misère c’est avant tout militer pour le respect des droits de l’Homme.  Refuser la misère (en France) c’est exiger la simple application des droits de l’Homme (dans notre pays). 

Cette journée a pour but d’inciter l’ensemble des associations, des organismes et des gouvernements  à faire le point sur leurs engagements en matière de lutte contre la pauvreté et à se mobiliser pour les tenirau quotidien !  Mais elle est avant tout l’occasion d’écouter les personnes en grande pauvreté et de rendre hommage à leur courage et à leur résistance face aux humiliations dont elles sont bien souvent les victimes.  La lutte contre la misère n’aura d’effets durables que si l’expérience, la pensée et la participation de ceux qui l’affrontent tous les jours sont prises en compte… 

Face aux sceptiques qui diront « A quoi bon une journée par an si rien ne change par ailleurs ? », nous répondrons que les prises de parole suscitées par cette journée méritent à elles seules que nous nous réunissions pour les entendre ; et qu’il ne tient qu’à nous tous de rendre lisibles les disfonctionnements institutionnels, les dérives socioculturelles et d’être solidaires des publics accueillis ne serait-ce qu’en véhiculant leurs expériences et leurs témoignages… 

Cette année, le Comité du 17 Octobre organisera à nouveau pour cette journée un grand rassemblement citoyen sur la Place de la Liberté à Toulon Nous invitons donc l’ensemble des associations et des organismes locaux soucieux du respect des droits et aspirant à une société plus juste à se réunir pour se rappeler à leurs engagements fondamentaux

4 Pôles seront représentés sur la place : Santé, Culture, Travail, Logement

Nous proposons à chaque association sensibilisée de s’inscrire dans l’un de ses pôles et d’y co-animer un débat.

Merci de nous informer de votre participation, par mail : comite17octobre@yahoo.fr  

ou par courrier : Comité du 17 Octobre, 17 Bd Cdt Nicolas, Quartier Montéty, 83000 TOULON.

Vous pouvez également nous rejoindre le mardi 09 Juin, date de notre prochaine réunion ou vous êtes tous conviés.

(Réunion du Comité du 17 Octobre : Mardi 09 Juin à 17h à Kaïré [Théâtre associatif / Impasse Mirabeau à Toulon])

Le déroulement du 17 Octobre 2009 sera élaboré à partir des propositions de l’ensemble des participants.

La lutte contre la misère dépend de votre implication à toutes & tous.

Merci donc de votre attention à toutes et tous, À très bientôt, 

Cyril Cossu 

(Coordinateur « moderne » : contrat précaire / sans domicile fixe…)

  

    

Le Conseil Général liquide les associations…

24 mai 2009

… Pour mieux gérer la précarité à sa manière !… 

(Radiation « humaniste » des Rmistes & soumission des travailleurs à la précarité et aux inégalités afin de garantir un réservoir de main d’oeuvre docile et bon marché… Au service des nantis !…)

Un Programme des plus digne et courageux à l’image de tous les « professionnels » qui actuellement l’executent…

Réagir ou laisser faire ? :

—– Original Message —–

From: Gilles Bourbon

Sent:Saturday, May 23, 2009 10:06 AM

Subject:Fw: Mort d’une association

 

Bonjour à tous,

La situation devient préoccupante pour toutes les associations. Ces derniers temps, je ne fais que batailler pour relancer des subventions qui ne sont pas passéesen première commission ou qui ne sont toujours pas instruites. Ainsi le Conseil général  a réduit de 3000 à 2000 euros l’une des deux subventions, la deuxième au titre du CLAS est supprimée (3000 euros), l’ACSE ex FASILD ne donne plus rien (9000 + 2750 euros) car supprimée et remplacée par une structure non opérationnelle. Pour le CLAS seule la CAF subventionnera les associations à condition que cette action s’inscrive bien dans la parentalité (les crédits d’aide aux devoirs sont réservés pour payer les enseignants en heures supplémentaires) mais rien n’est encore lancé dans ce domaine. Quoiqu’il en soit les crédits CLAS seront réduits du tiers au minimum. L’existence du CAAA sera menacée à terme à moins de trouver des subventions hors institutionnels.Les perspectives sont donc très sombres pour tous mais il ne fait désespérer de rien.

Le message joint est triste. Il traduit bien la problématique des associations. Les services rendus ne comptent guère, « l’argent étant le nerf de la guerre ».La situation de crise n’incite guère à la solidatité. Le gâchis sera important et la désespérance grandissante.

Amicalement.

Gilles

—– Original Message —–

From: ascudo

Sent:Wednesday, May 20, 2009 3:40 PM

Subject: Mort d’une association

 

L’association culturelle Domino n’existe plus elle meurt l’année de son 10ème anniversaire.

Sa mort fait 10 chômeurs.

Les retard de paiement des subventions qui lui étaient dûs, la lourdeur administrative, qui font qu’à ce jour l’association ne connaît pas encore le montant des subventions 2009 qui lui devait être attribué ont fait que malgré notre présence sur le terrain, malgré l’extrême compétence des personnes employés, en animation, en formation, en accompagnement à la scolarité, partout où les institutions ont reconnu notre travail, nos compétences, les bravos de certains, qui bien sûr oubliait que cela avait un coùt, la professionalisation des salariés, la pérennisation des emplois, 5 cdi dont 3 venaient de contrats aidés, 2 étaient d’anciens cdd,

Une association qui travaillaient avec un public de 250 à 300 personnes

Voici le merci

je tiens à remercier nos partenaires Associatif, ainsi que les techniciens ou les conseillers institutionnels, pour leurs soutiens durant toutes ces années

Aux institutions :

Faites attention de ne pas faire mourir d’autres associations vous connaissez les sonettes d’alarmes  que la fin d’ASCUDO serve de leçon c’est tout ce que je souhaite

Aux associations :

N’hésitez pas à monter aux créneaux , gueulez, faites vous entendre, rassemblez vous,

ne pas oublier d’être militant avant tout.

c’est les larmes aux yeux que je vous dit au revoir

sachez que si vous avez besoins de personnes compétentes

Je peux vous garantir chacune des personnes qui travaillait avec moi

Pensez à eux si possible dans vos budgets

Au revoir

amicalement et associativement votre

Bernard Crapanzano

PS à faire suivre j’ai certainement oublié des adresses mail

A tous les visiteurs :

Continuez de vous taire et attendez donc votre tour !!!…

Rappel des engagements fondateurs du Comité du 17 Octobre…

1 avril 2010

Enjeux de la journée du refus de la misère : 

         Faire entendre le point de vue des personnes en grande pauvreté 

         Rendre hommage à leur courage et à leur résistance face aux humiliations dont elles sont bien souvent les victimes. 

         Faire le point sur la situation locale en matière de lutte contre la pauvreté 

         Rappeler à la société ses engagements 

         Susciter des engagements citoyens 

Les axes moteurs de notre action : 

         Changer notre regard sur les personnes en difficulté, chercher les occasions qu’elles soient à l’honneur 

         Mettre au centre de nos actions le vécu des personnes avec lesquelles nous travaillons 

         Favoriser la  prise de parole, la créativité, la prise de responsabilité 

         Faire du refus de la misère un véritable projet de société 

Les difficultés de la journée : 

         Faire prendre conscience de la persistance de la misère tout en montrant que des changements sont possibles 

         Etre à la fois revendicatifs et à l’écoute de tous ceux qui posent des actes, qui construisent la fraternité 

         Rester dans le combat pour les droits de l’homme, éviter le piège du caritatif et de l’associatif 

         Rester centrés sur les personnes en grande pauvreté et les faire venir à la journée 

[Engagements fondateurs du Comité du 17 Octobre en 1994...]

Rappel des directives Européennes…

1 avril 2010

Depuis 2001, le réseau Européen EAPN (European Anti Poverty Network) rassemble 27 réseaux nationaux d’associations et d’organismes en lutte contre l’exclusion et la pauvreté.

Son objectif est de porter au niveau Européen les revendications locales et nationales des publics en situation de précarité et de chaque association ou organisme solidaire, engagé dans la lutte contre l’exclusion…

EAPN France regroupe entre autres : A.T.D. Quart Monde, le Secours Catholique, les Petits Frères des Pauvres, Le mouvement du Nid, Solidarités Nouvelles face au Chômage, L’Armée du Salut, Emmaüs, F.N.A.R.S., U.N.I.O.P.S., …

Le Comité du 17 Octobre participe aux réunions régionales d’EAPN France.

Depuis 2001, les revendications des publics concernés par l’exclusion et la précarité ne sont toujours ni entendues ni appliquées…

Et pour cause, appliquer ces résolutions remettrait en question le « travail » des techniciens qui les encadrent… Tout comme le grand marché économique qu’est devenue la précarité…

La conclusion majeure du premier rassemblement EAPN (2001) a en effet été la suivante :

Reconnaissance de la compétence et de l’expertise des personnes en situation de pauvreté.

Prise en compte de leur volonté de participer à la société et à la prise de décision qui les concernent.

Les différentes synthèses des réunions régionales et nationales d’EAPN France sont consultables sur le site d’EAPN France : www.eapn.org )

En 2009, en France, face à l’abondance des dérives institutionnelles, socioculturelles et à la multitude des disfonctionnements qui ont pu être relatés par les publics en proie à l’exclusion et à la précarité, et ce auprès des structures mêmes pourtant censées les « soutenir », la conclusion majeure des réunions a été résumée en une phrase :

« Combattre la misère, c’est remettre l’être humain au centre d’un projet de société basé sur le respect, la dignité, la solidarité & la citoyenneté active. »

Il convient ainsi de rappeler que la misère n’est pas conjoncturelle mais structurelle et qu’elle dépend en premier lieu des orientations et des directives socioéconomiques de nos gouvernements.

Passer sous silence les disfonctionnements et les iniquités pérénise et accroît ces mêmes disfonctionnements et iniquités

 Combattre la misère c’est lutter contre l’injustice et les inégalités sociales et non gérer ceux qui les subissent…

Bonne Continuation

Bonne continuation…

31 mars 2010

Il est facile d’être « brave », « solidaire » & « fraternel »…

Avec distance…

Facile et sans danger

 

 

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Aux commerçants de la précarité… 

Aux émissaires du « Bien »… De loin… 

Bon vent !

Aux Sans-Voix, aux Sans-Droits, aux précaires démunis de soutien et menés en bateau par leurs « agents d’encadrement »,

Rendez-vous sur le Blog des Laissé(e)s pour Compte :

http://blc83.unblog.fr

Refusez d’être des victimes

Faites valoir vos droits

 

Résistez

R.S.A. : fins de droit et radiations scandaleuses

24 mars 2010

——– Message original ——–

Sujet :   invitation conférence de presse 
Date :   Wed, 24 Mar 2010 20:42:21 +0100 
De :   AC Marseille  
À : 

Comité du 17 Octobre comite17octobre@yahoo.fr

Madame, Monsieur, Agir tous ensemble contre le chômage et la précarité Marseille et le comité chômeur CGT 11e arr. vous invitent vendredi 26 mars, à 10h00 à une conférence de presse  où une action a lieu dans une CAF concernant les fins de droit et les radiations scandaleuses dont sont victimes des personnes au RSA.Les négociations gouvernement/partenaires sociaux se poursuivent difficilement, et  à aucun moment les revendications des organisations de chômeurs ne sont prises en compte. Pendant ce temps la criminalisation des fins de droit s’accélère,  les sanctions  et les demandes inadmissibles de remboursement de trop-perçu sans aucune négociation possible, entraînant des familles entières dans  la misère et la perte de logement et de conditions minimales de survie.

En pièce jointe la situation de Sophie pour laquelle nous demanderons le rétablissement immédiat des droits sociaux.

Le rendez-vous est donc vendredi 26 mars,  à 10h00,  métro station Perier, côté rue de Cassis.

Cordialement;


Agir tous ensemble contre le Chômage et la précarité
C/o Mille Babords

61 rue Consolat
13001 Marseille
06 60 41 82 14
acmarseille@gmail.com
==========================================
Permanence le mercredi de 10 à 12 h,
le jeudi de 9 à 12 h et le vendredi de 15 à 17 h
==========================================

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Mercredi 24 mars 2010

                                                                       Madame, Monsieur le Directeur de la CAF,

                                                                       Chemin de Gibbes,

                                                                       13014 Marseille.

Sophie ROY,

Mazargues 2, entrée 2,

app.48, rond-point de l’Obélisque,

13009 Marseille.

                        Madame, Monsieur le Directeur,

                       Je conteste ma radiation du dispositif RSA et le trop-perçu qui en est la conséquence,     due au contrôle forcé et erroné d’un contrôleur de la CAF en visite chez M. FANTOZZI Daniel.

Je rappelle  ma situation:

j’ai été expulsée par la force publique de mon domicile en juin 2006, après le décès de ma grand mère.

Recueillie par une connaissance qui est un adulte handicapé, présent le jour de mon expulsion,  M. Daniel FANTOZZI  pour m’éviter la rue, et d’entreprendre des démarches administratives  (logement, dossier surendettement, etc)

Etant donné des réponses négatives  pour le logement privé, et la longue  attente pour le  logement social,  cet hébergement s’est éternisé.

Il avait par ailleurs besoin de mon aide,  étant donné qu’en avril 2009, il est atteint d’un cancer et épileptique depuis l’enfance.

           Nous n’avons pas de contrat de mariage, ni concubinage, ni PACS.

Une situation de solidarité mise à défaut par le contrôle erroné d’un contrôleur de la CAF en décembre 2009,  une solidarité qui devient un délit. J’ai   même été traitée de « délinquante » et M. FANTOZZI de fraudeur  envers la CAF par le médiateur de la République!

          Le résultat de ce contrôle  a eu pour conclusion  la suppression du RSA pour moi, et la suppression des allocations logement pour  M. FANTOZZI Daniel.  De plus, nous avons reçu les trop-perçus d’un montant de 16 000€.

           M. FANTOZZI Daniel ne perçoit que le minimum vieillesse de 677€/mensuels+38€/complémentaire mensuelle.

           Personnellement, je me retrouve avec zéro €, pour vivre, et un découvert bancaire de 220€+frais bancaires occasionnés, dus à cette suspension totale de prestation.

M. FANTOZZI Daniel s’est retrouvé avec un loyer de 315€ au lieu de 65€, et étant donné ses frais médicaux importants non remboursés par la CPCAM ni la mutuelle de santé.

          Veuillez prendre en considération  notre détresse, étant donné l’impossibilité de faire face à cette situation qui devient dramatique, impossible à surmonter, avec des pressions financières de créanciers  très importantes.                     

Veuillez agréer, Madame, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments distingués,

Sophie ROY

Informations sur le « Revenu de Solidarité Active »

18 mars 2010

Voici quelques articles permettant d’y voir plus clair sur le R.S.A. :

(Merci à Isabelle pour son travail de recherche…)

  • Le RSA, un bel exemple d’autofinancement 

Pour réduire la pauvreté, faire payer les pauvres

http://www.actuchomage.org/20091111…

Mercredi, 11 Novembre 2009

En mai 2008, l’économiste Jean Gadrey avait averti : pour « réduire la pauvreté », le RSA va faire payer les pauvres eux-mêmes. Politis en a fait le constat : démonstration.

Un vent de panique est en train de souffler sur le Revenu de solidarité active avec l’arrivée récente, selon les départements, des déclarations trimestrielles envoyées par la Caisse d’allocations familiales aux personnes concernées. En la recevant, nombre d’entre elles découvrent avec surprise que leurs (maigres) ressources sont « taxées » pour financer ce revenu.

Quelques personnes éligibles au RSA m’ont envoyé leur déclaration et, vérification faite, une subtile taxation a été mise en place qui concerne tous les éligibles au RSA, qu’ils soient d’ex-RMistes, allocataires de l’allocation de parent isolé (API) ainsi que des salariés pauvres touchant un RSA de complément.

Le gouvernement avait estimé à près de 3,5 millions le nombre de personnes qui pouvaient prétendre au RSA, dont 1 million de Rmistes et environ 2 millions de salariés « modestes ». Le coût du RSA, estimé à 10 milliards d’euros, devait être financé pour moitié par les conseils généraux (les départements), l’autre moitié par l’Etat.

En fait, ce mode de financement masque une forme de taxation que le site Internet du Haut commissariat aux solidarités actives contre la pauvreté a été récemment contraint de mettre au jour. Le Haut commissariat a en effet été obligé de mettre en ligne, le 2 octobre, une réponse aux « inquiétudes [qui] se sont récemment manifestées sur le formulaire de demande du RSA à propos de la déclaration des revenus d’épargne ».

La confirmation des « inquiétudes » des allocataires du RSA, une information qui a peu circulé ces dernières semaines, suscite quelques remous dans les CAF : « Oui, les revenus de l’épargne quelle que soit la forme de cette épargne sont pris en compte au même titre que les autres revenus perçus par le foyer (salaires, pensions, retraites, etc.) », avoue le Haut commissariat. Cette disposition, qui ne figure pas sur le formulaire de demande RSA et qui est inscrite dans la rubrique 041 (« autres revenus ») des déclarations trimestrielles, concerne tous les livrets, y compris le livret A, et donc la petite épargne utilisée par les personnes les plus précaires qui ne peuvent avoir accès au système bancaire classique.

Cette taxation des ressources des allocataires au RSA est très perverse : Par exemple, elle consiste à déduire du RSA 3% du montant de l’indemnité de licenciement que vient de percevoir une personne au chômage. Et si cette somme a été déposée, par exemple sur un livret A, 4% seront déduit du RSA.

Explication : une personne au chômage éligible au RSA vient de percevoir une indemnité de licenciement s’élevant à 10.000 euros. La caisse d’allocations familiales déduira du RSA 3% des 10.000 euros, soit 300 euros, soit 25 euros mensuels. Ôtez ces 25 euros sur les 447 euros (maximum) que peut percevoir une personne seule sans emploi alors que le seuil de pauvreté est évalué à 817 euros, et vous avez une (petite) idée de la situation de grande pauvreté qu’est en train de provoquer cette discrète taxation des revenus des pauvres qui sert finalement à financer… le RSA.

K., qui vit dans un village de l’Ariège, salariée saisonnière avec contrat de son employeur, seule avec ses trois enfants, a perdu son boulot et n’en revient pas : « Je viens de toucher une prime de licenciement, je suis éligible au RSA mais sur la prime de 1.000 euros on va m’enlever 3% pour payer mon RSA ! ». Elle me parle de son voisin âgé de 42 ans, « séropositif depuis 23 ans, vivotant de petits boulots » : « Il n’a pas droit au crédit et il a des enfants. Il a mis de l’argent de côté, mais le cash est sur son livret A et il a un livret d’épargne populaire (LEP) avec 42.000 euros dessus. Il n’a plus droit au RSA, car le RSA vient compléter son revenu d’environ 800 euros, mais la somme dérisoire disparaît avec la taxe, ce qui n’était pas le cas avec le RMI ».

Tous les comptes sont concernés : livret A, LEP, LDD, le livret enfant, le compte courant, l’assurance vie, le PEL, etc… explique K. qui obtenu ses informations de la CAF, le service des impôts et sa banque ignorant l’existence de ce dispositif. « La CAF a accès aux informations bancaires via les impôts sans qu’il y ait besoin d’enquête. Le fait d’être au RSA est suffisant », précise aussi K. qui témoigne d’un phénomène en cours : « Les gens commencent à retirer en masse leurs économies pour les mettre dans les matelas et cela commence à se savoir ». La déclaration trimestrielle contient en effet cette mention : « Attention, vos déclarations seront systématiquement vérifiées l’année suivante auprès du service des impôts ».

Résumons : ces personnes m’expliquent que « pour les malades HIV, cancer et autre qui ne peuvent avoir de crédit, qui ont économisé pour payer cash les études des gamins ou le logement se retrouvent éligible au RSA mais ne touchent plus rien car le 3% déduit du montant du RSA » le réduit à… peau de chagrin.

Pour toucher le RSA, les allocataires ont aussi une autre charge à supporter, qui a fait l’objet d’une polémique récente et a été médiatisée parce qu’un élu de l’UMP s’en était étonné. Elle concerne les Rmistes inscrits au RSA. Un certain nombre d’entre eux ont réussi à trouver un petit boulot complété par le RSA. Surprise, ils sont « imposés au titre de la taxe d’habitation et de la redevance audiovisuelle », a reconnu le Haut commissariat. Ainsi les allocataires qui travaillent vont devoir payer la redevance audiovisuelle à partir de 2011.

« Le gain lié au RSA reste toujours supérieur au montant de la taxe d’habitation et à la redevance audiovisuelle payées », assure le Haut Commissariat de Martin Hirsch. C’est sans compter sur le bel édificice de taxation qui concerne la totalité des ressources et, surtout, c’est faire peu de cas de la situation vécue par ces personnes vivant sous le seuil de pauvreté.

  • Thierry Brun pour Politis

Dans les CAF, tous les revenus sont pris en compte
Pour bénéficier du RSA, le demandeur doit justifier de ses revenus. Une démarche habituelle en matière d’allocation sociale. Les revenus pris en compte sont l’ensemble des ressources, « de quelque nature qu’elles soient, de toutes les personnes composant le foyer » (Art.r 262-6) pendant les 3 derniers mois précédant la demande. Le contrôle repose, lui, sur les dispositions du Code de l’action sociale et de la famille qui autorise la Sécurité sociale à vérifier le « train de vie » des bénéficiaires. Concernant le RSA, les éléments d’évaluation à fournir sont très complets (Art.R. 262-74). Lors d’une conférence de presse, le 28 mai, les administrateurs CGT de la Caisse nationale d’allocations familiales ont dénoncé cette situation qui oblige les futurs allocataires à signaler que toutes les démarches concernant l’obtention des droits liés à leur situation ont été entreprises y compris par voie judiciaire (exemple de la pension alimentaire qui doit être réclamée à ses ascendants), l’obligation d’inscription au Pôle Emploi avec sanctions à la clé (exemple des 2 emplois ou formations proposés à accepter sous menace de radiation), la déclaration des biens et éléments de train de vie (exemples : épargne, patrimoine et autres éléments dits de confort) qui font l’objet, pour leur contrôle par les CAF, d’une circulaire très précise établie par la Direction de la Sécurité sociale (voiture, équipement ménager et informatique, etc).

  • RSA et épargne disponible : Martin Hirsch nous a menti !

Avec les liens
http://www.actuchomage.org/20090720…

Lundi, 20 Juillet 2009

Déclarer les quelques sous qu’on a de côté a une réelle incidence sur le montant du RSA, contrairement à ce que nous a affirmé le Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté.

Mercredi 8 juillet, nous avons été invités dans ses locaux de l’avenue de Ségur afin de « dissiper les zones d’ombres » sur son dispositif flambant neuf => Compte-rendu à (re)lire sur le site d’actu-chômage…

Notamment, il nous avait certifié que tout demandeur disposant d’un petit bas de laine ne risquait rien (les montants déclarés étant évalués selon les barèmes fixés par le décret sur le « train de vie » des RMIstes – patrimoine, voiture, bijoux, œuvres d’art, etc…) et que nous ne prenions pas le chemin de l’Allemagne avec un « Hartz 4 à la française » : pas question d’amputer le RSA d’une personne qui a un compte sur livret…

OR, C’EST TOTALEMENT FAUX. Pour preuve le cas d’une « ex-RMIste » qui nous signale avoir déclaré en toute honnêteté quelque 10.000 € d’économies, et qui vient de recevoir un courrier de la CAF lui précisant que son RSA « socle » sera désormais rabotté de 28 € : « forfait logement » déduit (53 €), elle touchera donc 371 € par mois au lieu de 399 !

Pourtant, ce précieux matelas lui permet de compléter son budget de misère. D’ailleurs, beaucoup de personnes aux minima sociaux sont obligées de procéder ainsi. En effet, quand le montant du RMI et de l’APL couvrent tout juste le prix du loyer et de l’électricité, comment faire face aux dépenses imprévues (frigo qui tombe en panne, par exemple…) ou, tout bonnement, se nourrir ? Que cet argent utilisé avec parcimonie provienne d’une vie antérieure — car, avant de devenir chômeurs de longue durée, les personnes aux minima sociaux avaient, elles aussi, un emploi et une situation — ou d’un héritage/don de la famille, il sert surtout à ne pas finir à la rue.

Martin Hirsch ne maîtrise pas son sujet : il a omis de préciser que les intérêts d’épargne versés par les banques — sauf pour les livrets « non imposables » comme le LEP ou le Livret A — sont considérés comme « ressources« , et donc décomptés du RSA (dans le cas de notre « ex-RMIste« , c’est 336 € à l’année… un vrai luxe !). Impossible d’y échapper avec le croisement des fichiers et le nouveau système de déclaration pré-remplie des impôts où leur montant figure : la CAF est ainsi renseignée automatiquement. C’est d’ailleurs pourquoi sa déclaration de ressources annuelle a été supprimée.

Quant à la déclaration de l’épargne disponible en elle-même, l’opacité règne. Selon l’article R262-74 modifié par le décret n°2009-404 du 15 avril 2009 – Art. 2 : L’évaluation forfaitaire du train de vie prévue à l’article L. 262-41 prend en compte les éléments et barèmes suivants : …/… 10° Capitaux : 2,5% du montant à la fin de la période de référence.
Or, aucun texte de loi ne précise qu’un LEP, un LDD ou un Livret A font (ou ne font pas) partie des « capitaux » mentionnés à l’article R.262-6 du Code de l’action Sociale et des Familles !

Moralité : Ne déclarez rien !!!

On l’a compris : pour les intérêts des comptes d’épargne, considérés comme « ressources », le fisc se charge de remonter les sommes, elles-mêmes communiquées par les banques. C’est automatique, il n’y a plus rien à faire. Mais alors, pourquoi obliger les allocataires à déclarer en sus le montant de leur « épargne disponible » ?

Dans un précédent article sur le formulaire RSA, nous dénoncions l’intrusion dans la vie privée et le flicage accru dont fait montre ce nouveau questionnaire. Intrigués par cette obligation de tout déclarer, de la solidarité familiale aux aides extra-légales et associatives, nous avons jugé qu’il outrepassait sa fonction et avons saisi la CNIL.

En France, le secret bancaire — tant défendu par les « libéraux » qui, selon eux, garantit un droit fondamental : celui du respect de la propriété et de la vie privée des individus (mais pour les libéraux qui nous gouvernent, le secret bancaire est à géométrie variable quand il concerne… les pauvres) — est un secret professionnel comme un autre, selon l’article L.511-33 du Code monétaire et financier, mais avec une restriction importante : certaines administrations ont automatiquement accès aux informations qu’elles demandent. Il s’agit de l’administration fiscale, des services des Douanes, de la Banque de France, de la Commission bancaire et de l’Autorité des marchés financiers. On peut donc dire que, par chez nous, le secret bancaire ne correspond pas à un fort respect de la vie privée, puisque des administrations de plus en plus nombreuses possèdent un droit d’accès direct sans contrôle judiciaire aux informations détenues par les banques. Mais quand la justice, dans le cadre d’une procédure pénale, met son nez dans les informations visées par le secret bancaire, ses motifs se limitent à la lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment d’argent.

En ce qui concerne le RSA, le formulaire déborde largement, puisqu’il ne s’agit pas de dépister ces deux phénomènes mais que le demandeur déclare son « patrimoine » et ses « ressources« . Or, l’état du compte bancaire (à la base fluctuant) et l’existence de livrets d’épargne (pour les petits chanceux qui survivent avec), hormis leurs intérêts, ne sont pas des « ressources à déclarer » et, de ce fait, ces questions ne devraient donc pas figurer sur un formulaire de demande d’allocation.

La réponse cynique de la CNIL est éloquente : « Dès lors que les personnes concernées déclarent elles-mêmes les sommes qu’elles ont placées afin d’obtenir une allocation, le secret bancaire ne peut être invoqué », nous écrit-elle. Ce qui signifie que le système tient debout parce que les gens sont bien élevés, c’est à dire respectueux et obéissants… 

Aujourd’hui, on découvre que Martin Hirsch nous a menti : lentement mais sûrement, nous allons bien sur le chemin de l’Allemagne où les comptes des Hartzi sont surveillés et, au moindre mouvement créditeur, les allocations suspendues. Petit à petit, l’oiseau du contrôle social des pauvres fait son nid.

Désobéissons !

http://www.actuchomage.org/20080531…

  • Samedi, 31 Mai 2008 Pour réduire la pauvreté, faire payer les pauvres

L’économiste Jean Gadrey nous démontre comment, avec son revenu de « solidarité active », Martin Hirsch va faire reculer la pauvreté dans les chiffres plus que dans les faits.

Vous avez 10 pauvres, au sens usuel de personnes dont le revenu est inférieur à un seuil de pauvreté quelconque, et vous voulez en « sortir » 3 de la pauvreté. Pour cela, vous choisissez 3 personnes jugées « méritantes » (par vous), puis vous ponctionnez sur les 7 autres les sommes qui permettent aux trois élues de franchir le seuil. Si cela ne suffit pas, vous ponctionnez aussi les revenus de personnes situées un peu au-dessus du seuil, sans toutefois les faire descendre sous ce seuil. Vous obtenez alors une réduction de 30% du nombre de pauvres, au prix d’un appauvrissement des très pauvres (les sept non élus) mais aussi des quasi pauvres (personnes à revenus très modestes, bien qu’au dessus du seuil).

Nous allons voir comment le financement du RSA, si on le situe dans l’ensemble des dispositifs publics de lutte contre la pauvreté, joue sur une pure redistribution entre personnes à bas revenus, amplifiant les écarts entre eux.

L’appauvrissement des plus pauvres

Ce gouvernement et le précédent ont réalisé depuis 2002 des économies substantielles sur les minima sociaux et les plus petits revenus. Cela avait commencé avant, mais moins nettement.

Pour une personne seule par exemple, le RMI représentait 34,9% du revenu médian en 1990, 32,1% en 2002 et 30,1% en 2007. Chute plus forte encore pour le minimum vieillesse, qui est passé de 48,7% du revenu médian en 1990 à 45,1% en 2002 et 42,5% en 2007. De même pour les allocations familiales, dont la « base mensuelle » représentait 31,1% du revenu médian en 1990, 26,9% en 2002 et 25,4% en 2007.

Si l’on raisonne non plus en termes relatifs (en pourcentage du revenu médian) mais en termes « absolus », on trouve que le pouvoir d’achat de ces revenus a diminué de plus de 1% depuis 2002, alors qu’il avait un peu progressé entre 1990 et 2002. Ces chiffres figurent dans une note de l’OFCE du 16 janvier 2008 dont les calculs utilisent, faute de mieux, l’indice général des prix pour calculer les évolutions du pouvoir d’achat. Mais comme l’inflation qui affecte les budgets modestes est supérieure à la moyenne, la réduction de leur pouvoir d’achat est plus forte encore que ce qu’indiquent ces chiffres.

Or, laisser stagner ou diminuer le pouvoir d’achat des minima sociaux pendant cinq ans (2002-2007) alors que la richesse nationale par habitant, le revenu médian et les recettes publiques ont progressé, ce n’est rien d’autre que de réaliser des économies sur le dos des pauvres. Toute politique qui n’assure pas une indexation des minima sociaux et des plus petites retraites sur le revenu médian appauvrit les pauvres, si l’on admet que la pauvreté (monétaire) est une situation qui s’évalue de façon relative.

En n’indexant pas depuis 2002 le RMI (un budget annuel de 6 milliards d’euros) sur le revenu médian, l’État a réalisé en 2007 une économie d’environ 400 millions d’euros. Il faut y ajouter tous les autres minima mais aussi les très petites retraites qui ont décroché, notamment le « minimum contributif » (un complément touché par 4 millions de retraités pour qu’ils atteignent 580 € par mois, pour un budget de 4,4 milliards d’euros par an), ainsi que les prestations familiales (en se limitant à celles qui vont aux ménages à bas revenus). Sans même tenir compte des économies liées aux franchises médicales et autres ponctions qui affectent les pauvres plus que les autres, on obtient alors plus que les 1,5 milliard d’euros annuels que Martin Hirsch récupérera (au mieux) pour le RSA. Cette dernière somme, effectivement destinée à une minorité de pauvres, sera donc inférieure aux « prélèvements » – ou économies réalisées – sur le dos de la majorité d’entre eux depuis 2002.

Or, il n’y a aucune chance pour que cette tendance s’inverse d’ici 2012 dans un contexte où le Président de la République a annoncé, le 8 avril 2008, que les dépenses sociales seront freinées au nom d’une rigueur budgétaire créée de toutes pièces par les cadeaux fiscaux et par le refus de taxer plus fortement les profits distribués, les stock options, etc. On apprenait presque en même temps que les seules entreprises du CAC 40 avaient distribué 41 milliards d’euros de dividendes en 2007 et prévoyaient une progression de 5% de ce chiffre en 2008. Mais personne ou presque n’a fait le rapport.

L’appauvrissement des quasi pauvres

Il est certain que ce RSA au rabais (le projet du rapport Hirsch 2005 aurait exigé 8 à 10 milliards d’euros par an) va permettre à quelques centaines de milliers de personnes trouvant des emplois à temps très partiel d’améliorer leurs revenus et, pour une fraction d’entre elles, de franchir le seuil de pauvreté. Combien ? Si l’on ne change pas la définition actuelle de la pauvreté monétaire, peut-être 400.000 à 500.000 d’ici 2012 sur les 7 millions de pauvres. Encore cela dépendra-t-il de l’évolution générale de l’emploi, car ce ne sont pas, sauf exception, les RMIstes qui créent leurs emplois.

Mais cette amélioration effective pour une petite minorité va se faire au prix de l’appauvrissement relatif de millions de personnes.

1) D’abord un appauvrissement des « autres pauvres », ceux qui ne bénéficieront pas du RSA. On peut parier que d’ici 2012 leur revenu continuera à décrocher par rapport au revenu médian. Le RMI, l’ASS (allocation de solidarité spécifique) et l’API (allocation de parent isolé) semblent voués à la croissance zéro voire négative de leur pouvoir d’achat, tout comme les prestations familiales. Le minimum vieillesse et l’allocation adulte handicapé, enjeux électoraux symboliques, seraient revalorisés de 25% entre 2007 et 2012. Cette promesse, faite juste avant les municipales, sera-t-elle tenue vu le tour de vis annoncé ensuite ? Même si elle l’était, cela correspondrait à 4,5% de progression par an. Avec une inflation qui pourrait être de 3 à 3,5% par an, le pouvoir d’achat augmenterait de 1 à 1,5% par an, vraisemblablement moins que le revenu médian.

2) Ensuite, le RSA va constituer un encouragement à la multiplication de petits boulots précaires mal payés, ceux-là même qui sont à l’origine de la pauvreté salariale que le RSA prétend combattre.

3) Enfin, le pouvoir d’achat de certains des bénéficiaires de la prime pour l’emploi (ceux qui sont un peu au-dessus du Smic à temps plein) va être réduit pour pouvoir financer le maigre RSA. Je n’ai jamais défendu la PPE, ce « crédit d’impôt » inventé aux États-Unis comme aide sociale aux bas salaires. La PPE a les défauts politiques du RSA (d’une part, elle avantage uniquement ceux qui travaillent et donc elle est inégalitaire par construction, d’autre part elle entérine et encourage les politiques de bas salaires). Elle a en plus l’inconvénient d’être assez mal ciblée et de concerner, dans une minorité de cas, des gens qui n’en ont pas besoin, en tout cas pas au titre de l’aide publique. Mais la PPE existe, plus de 8 millions de personnes en bénéficient pour un montant total de plus de 4 milliards d’euros, et ce qu’on nous propose est bel et bien d’en réduire le montant pour financer le RSA, c’est-à-dire en gros de déshabiller des salariés peu payés mais à temps plein pour aider des smicards à mi-temps ou à tiers-temps.

Au total, dans ce scénario, qui pourrait sérieusement dire en 2012 que la pauvreté a reculé ? N’est-on pas proche de l’exemple fictif des 10 personnes à faible revenu auxquelles on applique une redistribution entre elles pour améliorer les chiffres ? Si c’est cela la solidarité active, il serait bon d’en refermer la parenthèse.

(Source : Le blog de Jean Gadrey)

Lire aussi Mille Bâbords 11576 Actu-chômage

  • Formulaire RSA : un flicage de plus en plus intolérable !

Mercredi, 10 Juin 2009

Choqués, plusieurs de nos lecteurs « ex-RMIstes » nous alertent sur la teneur douteuse du document de six pages à remplir afin de prétendre au Revenu de solidarité active qui, non seulement, fait montre d’un contrôle social hautement intensifié, mais scrute au plus près la solidarité familiale, associative voire amicale dont pourraient bénéficier les allocataires.

 

Réponse de la CAF du Var :

25 février 2010

(Voir article précédent : Lettre Ouverte à la CAF du Var…)

—– Message transféré —-
De : « dialogue.caftoulon@caf.fr »
À : cyrilcossu@yahoo.fr
Envoyé le : Jeu 25 février 2010, 12 h 54 min 43 s
Objet : La CAF vous répond

Bonjour, Réponse email 10 02 2010
votre droit d’allocation logement est calculé par rapport à votre situation professionnelle et à vos ressources 2008 déclarées
le RSA n’est pas une prestation qui neutralise vos ressources , la législation est ainsi faite et nous sommes là pour appliquer cette législation.
restant à votre écoute
  Cordialement,
  Votre technicien-conseil.
Attention, désormais vos droits sont calculés au 1er janvier de chaque année !
Pour en savoir plus, rendez vous sur http://www.caf.fr/redirect/s/Redirect?page=particuliersSuppressionDR

Conclusion ?

  • Il semble donc qu’il y ait un profond décalage entre le Projet de Loi de Mr HIRSCH, les informations relatives à cette Loi pourtant des plus relayées par les médias (désinformation ?), et son application concrète sur le terrain…

Il convient donc d’écrire au premier concerné, à savoir Mr HIRSH et de rétablir ainsi une information concrète sur la Loi du RSA.

Appel à tous les visiteurs :

Si vous faites face à des situations analogues merci de me faire part de vos témoignages : nous les publierons sur ce site et les enverrons au Ministère (Mr le Haut Commissaire « aux solidarités actives contre la pauvreté« …).

Attention !

N’oubliez pas : 

Nous ne sommes en démocratie que si nous faisons entendre nos voix… 

Passer sous silence les dysfonctionnements et les iniquités pérénise et accroît ces mêmes disfonctionnements et iniquités…

 

Merci donc de Réagir :

Ecrivez vos témoignages sur ce site ou à l’adresse suivante :

comite17octobre@yahoo.fr

 

LETTRE OUVERTE A LA CAF DU VAR

10 février 2010

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Madame, Monsieur,

Depuis janvier 2010, mon Allocation Logement est passée de 258,63€ à 170,77€, « les calculs se basant sur mes ressources 2008 »…

Or, en 2008, j’ai été employé en Contrat d’Avenir du 01 mars au 31 Août (735€/mois…) puis en CI-RMA (825€/mois…) jusqu’au 31 décembre, et ce alors que j’étais S.D.F. …

Comment pouvez-vous justifier ce  » calcul «  ?

Comment pouvez-vous amputer d’un tiers mes allocations logement alors que je n’ai un toit que depuis 6 mois ?!?!?!?

Prenez-vous seulement en compte, dans ces calculs, les conditions du marché immobilier ?

Que faites-vous de la Loi S.R.U. qui n’est pas appliquée dans notre département ?

Sans réponse de logement social HLM depuis plus de 2ans, je n’ai pu trouver un bailleur privé, acceptant de louer un logement à un travailleur en contrat aidé, qu’en juin 2009, et ce pour un loyer exorbitant de 610€/mois…

Mon Ci-RMA se terminant en Mars 2010, avec 535€ de chômage/mois (!), je n’aurais plus les ressources suffisantes pour garder mon toit au vu de vos « calculs » de prestations…

D’autre part, je n’ai plus droit également à la C.M.U. depuis Février 2010 !… Je me vois donc sommé de débourser près de 400€ pour acquérir une mutuelle : comment la payer ???…

Sur quels fondements ou  » barèmes  » vous basez-vous pour arriver à de telles iniquités ?

« Travailler plus pour être plus démuni ? »

Quelles sont les finalités de vos « calculs » ?

Garantir une main d’œuvre bon marché, tout en la domiciliant dans des foyers d’hébergements d’urgence ?

Après deux ans de travail à salaire précaire je dois donc retourner à la rue et y rester ?

Est-ce donc là votre logique ou celle de votre direction ?

A qui faut-il s’adresser pour palier à de telles spéculations ?

Comment dois-je procéder ?

Merci de me renseigner.

Cyril Cossu.

(Coordinateur du Comité du 17 Octobre)

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Réponse de la CAF du Var :

—– Message transféré —-
De : « dialogue.caftoulon@caf.fr »
À : cyrilcossu@yahoo.fr
Envoyé le : Jeu 25 février 2010, 12 h 54 min 43 s
Objet : La CAF vous répond

Bonjour, Réponse email 10 02 2010
votre droit d’allocation logement est calculé par rapport à votre situation professionnelle et à vos ressources 2008 déclarées
le RSA n’est pas une prestation qui neutralise vos ressources , la législation est ainsi faite et nous sommes là pour appliquer cette législation.
restant à votre écoute

  Cordialement,
  Votre technicien-conseil.

Attention, désormais vos droits sont calculés au 1er janvier de chaque année !
Pour en savoir plus, rendez vous sur http://www.caf.fr/redirect/s/Redirect?page=particuliersSuppressionDR

Défense de l’Hôpital Public

9 février 2010

Réagir ou laisser faire ?

Merci de signer la pétition ci-dessous & de la faire suivre à vos contacts…
http://petition-mdhp.fr/index.html

Rappel : « 2010, année européenne du refus de l’exclusion…« 

Bonne continuation,

Cyril Cossu

—– Message transféré —-
De : PLA Isabelle
Envoyé le : Ven 09 Février 2010, 10 h 04 min 49 s
Objet : SVP pour la défense de l’hôpital public signez et faites circuler

Pas besoin de stylo!!!

Objet :  Défense de l’hôpital public  
 
Ci-dessous  vous trouverez la pétition de défense de l’hôpital  public, à faire  signer au plus grand nombre possible de  personnes.
 Merci  de la signer vous même et de la faire suivre à  tout votre  carnet d’adresse.
 Quelques  secondes de votre temps pour une grande cause !  
    
Objectif  du Mouvement de Défense de l’Hôpital public : dépasser le million de  signatures avant la fin de la semaine.
 
  
> > > http://petition-mdhp.fr/index.html  

 

MERCI

NON A l’OUVERTURE d’un CAMP D’INTERNEMENT des ETRANGERS !…

3 février 2010

De: Contre CRA du Mesnil <contrecramesnil@placeauxdroits.net

Objet: NON A l’ouverture d’un CAMP D’INTERNEMENT des ETRANGERS 

À: <comite17octobre@yahoo.frDate: Mercredi 3 Février 2010, 17h51

MERCI de diffuser cet appel autour de vous…


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> Pétition et informations sur le site de la campagne

  ADDE – Comede – ELENA-France – Emmaüs – Gisti – La Cimade –  Ligue des droits de l’homme – Migreurop – MRAP – Réseau Education Sans Frontières – Secours Catholique –  Syndicat des Avocats de France – Syndicat de la Magistrature : 

Centre de rétention du Mesnil 2 : 

Non à l’ouverture d’un camp d’internement des étrangers !

 

Alors que les audiences du procès des inculpés de l’incendie du centre de rétention de Vincennes se poursuivent, l’administration s’apprête à créer à nouveau les conditions d’un drame. La construction du nouveau centre de rétention du Mesnil-Amelot (77) est achevée. L’ouverture est prévue dans quelques semaines. Avec 240 places de rétention, ce centre sera le plus grand de France. Il s’ajoutera au premier centre de rétention du Mesnil-Amelot qui compte déjà 140 places. 

L’entrée en fonction de ce véritable camp marque une nouvelle étape de ce que les associations de défense des droits des migrants ont qualifié depuis 2004 d’industrialisation de la rétention. D’exceptionnel, l’enfermement des personnes en situation irrégulière devient peu à peu un outil banal de la politique migratoire. 

Le centre de rétention comptera 240 places dont 40 places réservées aux familles. Il est organisé en 6 unités de vie de 40 places autour de deux bâtiments administratifs jumeaux eux-mêmes reliés par une passerelle de commandement. Une double enceinte grillagée et barbelée entoure l’ensemble du camp. Des dizaines de caméras, des détecteurs de mouvements s’ajoutent à cet univers carcéral.  Comme pour le CRA de Vincennes, l’Administration utilise la fiction de deux centres de rétention mitoyens pour contourner la réglementation : celle-ci limite à 140 places la capacité d’un centre de rétention. 

La construction envisagée de deux salles d’audiences à proximité immédiate du camp instituera une justice d’exception éloignée de tout regard de la société civile. Un centre de 240 places représente une moyenne de 40 arrivées par jour (c’était le cas au CRA de Vincennes avant l’incendie du 22 juin 2008).

Comme l’a montré la situation de Vincennes, ce type d’univers déshumanisé favorise, encore plus qu’ailleurs, le non-droit, les violences, les automutilations et les tentatives de suicide. 

Les associations signataires s’opposent à l’ouverture du futur centre de rétention du Mesnil Amelot. Elles dénoncent la criminalisation des migrants et appellent les citoyens et les élus à se mobiliser contre l’internement administratif des étrangers.  Premiers signataires :  ADDE, Comede, ELENA-France, Emmaüs, Gisti, La Cimade, Ligue des droits de l’homme, Migreurop, MRAP, Réseau Education Sans Frontières, Secours Catholique, Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature

 > Pétition et informations sur le site de la campagne 

Contact : contrecramesnil@placeauxdroits.net 

Jeunes précaires, un sous prolétariat

29 janvier 2010

—– Message transféré —-
De : PLA Isabelle
Envoyé le : Jeu 28 Janvier 2010, 22 h 24 min 40 s
Objet : article de l’huma du 28 janvier 2010

ARTICLE de L’HUMANITE du 28 Janvier 2010


 

Jeunesse Génération sacrifiée ?

Jeunes précaires, un sous prolétariat

Ils mettent entre huit et onze ans à décrocher un CDI. Peu ou pas payés, les jeunes en intérim, CDD ou stagiaires, vivent dans la plus grande précarité. Pour faire pression sur l’ensemble du salariat, gouvernement et patronat tentent de les y maintenir.

Une série d’enquêtes toute la semaine dans l’Humanité.

« La jeunesse est discriminée économiquement, désocialisée culturellement et sous-représentée politiquement. » Le ton est donné par Olivier Galland, chercheur du groupe d’études des méthodes de l’analyse sociologique, dans le Journal du CNRS de septembre 2009 qui consacrait un dossier à « la longue route vers l’âge adulte ». Il existe une catégorie pour qui cette route est encore plus longue. « 1,7 million de jeunes vivraient dans cette “zone grise” de la précarité », estime Mathieu Angotti, directeur du département évaluation du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc). La dénomination « jeunes précaires » englobe les 18-25 ans, étudiants- salariés, salariés à temps partiel, en CDD, intérimaires, diplômés, voire surdiplômés en stage rémunérés 30 % du smic ou non, etc. Les catégories se superposent mais la réalité est toujours la même : la galère.

Benjamin Pruvost, la vingtaine, travaille en intérim depuis qu’il a dix-huit ans. En septembre, il témoignait dans l’Humanité de la précarité de cette situation, qu’il a pourtant choisie. « Vous vous plaignez, on vous vire ! Vous êtes trop lent, trop faible, pas prêt à faire des heures sup’ ? On vous vire ! Vous refusez trop souvent des missions ? L’agence ne vous rappelle plus. Le travail intérimaire n’offre aucune garantie (d’embauche, donc de salaire à la fin du mois), aucun droit (de grève, par exemple). En définitive, pour le patronat, l’intérim, c’est la soumission de la main-d’oeuvre pour plus de profit : de l’esclavage moderne. » Constat sans appel, souligné par un sondage Ifop de novembre 2008 : « 48 % des intérimaires ont moins de vingt-cinq ans. » Sans surprise, les femmes et les ouvriers souffrent encore plus : 50 % des femmes entrent sur le marché du travail en signant un CDD (contre 36 % des hommes), et 73 % des ouvriers débutent en CDD ou en intérim (contre 50 % pour les cadres). « Les conditions d’embauche se sont dégradées, souligne le Monde du 3 octobre 2009. Cinquante-quatre pour cent des jeunes ont signé un CDI en 2009, contre 61 % en 2008. » Et seulement « 64 % ont accédé au statut de cadre, contre 70 % en 2008 ». Pas étonnant qu’en 2008 – et la tendance se conforte –, seulement « 25 % des jeunes Français (étaient) pleinement convaincus que leur avenir (serait) prometteur », au plus bas des scores de toute l’Europe, selon une étude de la Fondation pour l’innovation politique.

Ce qui n’était hier que la préoccupation des organismes de jeunesse (l’Unef, notamment, tente d’imposer ce sujet de débat depuis des années) est devenu au fil des années un problème de société majeur. Pour cette « force de travail en pointillé », comme l’appelle le sociologue Michel Vakaloulis

(dans l’Humanité des débats du 7 décembre 2009), le processus d’intégration au marché du travail est toujours long et pénible. Dans le numéro du 17 janvier, le directeur adjoint du Centre de sociologie européenne, Gérard Mauger, enfonce le clou : « Un éventuel CDI s’obtient au terme d’une sorte de parcours initiatique, où il s’agit pour le nouvel entrant de faire montre d’une dévotion sans bornes et d’une docilité irréprochable à l’égard de l’entreprise et de l’encadrement pour le “mériter ”. » Selon l’OCDE, un jeune de France met entre huit et onze ans pour entrer durablement sur le marché de l’emploi, c’est-à-dire décrocher un CDI, contre trois à cinq ans dans les autres pays membres. Les entreprises n’ont aucun scrupule à utiliser une main-d’oeuvre sous-payée, surqualifiée et que l’État subventionne grassement en allégements de charges. Quant à régulariser leur situation…

« Vous comprenez, c’est la crise », répondent-elles lorsqu’un organisme s’attaque au dossier, rappelle Ophélie Latil, de Génération précaire Le piège se referme donc sur « une génération contrainte de confirmer d’emblée son employabilité, périssable et remplaçable au gré des besoins de l’entreprise », explique Michel Vakaloulis. « On ne donne pas aux jeunes le temps de choisir et de se former, il leur faut immédiatement être opérationnels  », renchérit Emmanuel Sulzer, du Centre d’études et de recherches sur les qualifications, dans l’Expansion de septembre 2009. Opérationnels, voire rentables. Dans leur livre, les Nouveaux Intellos précaires (paru en avril 2009 chez Stock), Anne et Martine Rambach interviewent Éric, un chercheur postdoctorant dans un laboratoire « hyperprestigieux » qui privilégie « les résultats à tout prix » pour « décrocher de l’argent ». Prometteur, Éric se voit confier des travaux qui n’entrent pas dans son champ de compétences, qui l’accaparent au détriment de son propre travail, celui pour lequel il a été remarqué et engagé. Les travaux capotent, ses relations avec sa directrice deviennent « exécrables » et la sentence tombe : elle ne le soutiendra pas pour postuler à un poste de chercheur. « Je suis ultraprécaire pour mon avenir puisque c’est mon chef qui décide s’il me présente au concours ou pas, assène Éric. Je suis précaire parce que je ne suis habilité à rien dans mon travail, je ne peux faire qu’une chose : produire du résultat. J’ai trente-quatre ans, je n’ai aucune reconnaissance. » On note au passage que pour les précaires, la « jeunesse » ne s’arrête pas à vingt-cinq ans. À trente ans, près d’un tiers (des Français) n’ont pas d’emploi stable, contre 6 % des Danois et 12 % des Néerlandais.

Si les organisations de jeunesse ont enfin trouvé des relais dans l’opinion, elles n’en abandonnent pas pour autant ce dossier. Dans son dossier « Emploi et formation 2009 », le Mouvement des jeunes communistes de France analyse les politiques menées conjointement par la droite au pouvoir depuis 2002 et le patronat comme une intériorisation de la précarité « pour nourrir le fatalisme ». Exemple criant de ce fatalisme, le témoignage de Jennifer, diplômée d’une école d’ingénieurs, dans le Monde du 3 octobre 2009 : « Jusqu’en janvier, je cherche un poste d’ingénieur. Après, je prendrai ce qu’on me proposera. » « En habituant les générations successives à l’idée que vivre dans la précarité, avec un minimum d’ambition, de moyens, écrivent les Jeunes Communistes, en (les) habituant à accepter la logique du chacunpour- soi, la droite veut façonner une société nouvelle bâtie sur l’absence totale de résistance, d’esprit critique et d’aspiration au changement. » Et ce ne sont pas les fausses mesures annoncées par Nicolas Sarkozy qui rassureront les jeunes. L’extension du revenu de solidarité active aux moins de vingt-cinq ans ? « Ce ne sont que quelque 150 000 personnes entre dixhuit et vingt-cinq ans, nécessairement des travailleurs pauvres, qui devraient percevoir un RSA d’un montant situé entre 50 et 100 euros », dénonçaient les économistes José Caudron et Catherine Mills. Une « soi-disant générosité  » qui risque de « clore le débat sur une action véritable pour aider les jeunes à sortir de la précarité ». Faire perdurer « une véritable armée de réserve » sert à « faire pression à la baisse sur l’ensemble des salariés, à les mettre en concurrence et tirer leurs conditions vers le bas ». Même analyse chez les Jeunes Socialistes : en généralisant les contrats spécifiques à la jeunesse (CNE, contrats aidés de type CAE, contrats d’avenir…), « la droite tente de les ériger en norme ». Nul doute, poursuit la jeunesse de gauche, qu’elle tentera d’« imposer ces contrats à l’ensemble du salariat », comme l’annonçait Nicolas Sarkozy à travers la mise en place du contrat unique. Les combats que livrent la jeunesse aujourd’hui seront ceux de la société demain…

GRÉGORY MARIN

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